L’Ecole française d’Athènes reçoit le Grand Prix 2017 d’archéologie

L’école française d’Athènes (EFA) vient de recevoir le Grand Prix 2017 d’archéologie de la Fondation Simone et Cino Del Duca. Il s’agit du prix le plus important dans le domaine de l’archéologie. A cette occasion, Alexandre Farnoux, directeur de l’EFA, présentera le bilan des activités de l’École française d’Athènes à l’Institut Français d’Athènes le 7 juin à 19h.

Le Grand Prix 2017 d’archéologie vient couronner la présence plus que centenaire de l’École française d’Athènes à Thasos au nord de la Grèce, et une longue et efficace collaboration avec le Ministère de la culture hellénique. Mais savez-vous quelles fouilles sont menées par l’EFA ?

L’école française d’Athènes a été fondée en 1846. Son histoire est parallèle à la naissance et à l’épanouissement de l’archéologie grecque, à partir des années 1870. Le gouvernement grec lui a confié la responsabilité scientifique de chantiers prestigieux (Argos, Malia et Thassos) ouverts au XIXème siècle et toujours en activité. Mais l’EFA est surtout connue pour ses recherches sur les sanctuaires apolliniens de Delphes et de Délos.

Aujourd’hui l’EFA dispose de sept missions archéologiques permanentes : six en Grèce même, Dikili-Tash, Philippes, Thasos, Delphes, Argos, Délos et Malia (en Crète), et une sur la côté Sud-Ouest de l’île de Chypre, à Amathonte. Voici un rapide tour d’horizon :

Delphes (Grèce centrale)

Au début du VIIe siècle de notre ère, Delphes, le centre du monde antique, le lieu de l’oracle le plus vrai, sort de la mémoire des hommes pour près de huit siècles. En lieu et place du sanctuaire d’Apollon Pythien, les voyageurs ne découvrent plus qu’un misérable village de montagne, très éloigné de la richesse que laissent deviner les sources littéraires. À partir du XIXe siècle, l’idée d’une fouille du sanctuaire s’impose progressivement. Au terme d’une négociation qui dura dix ans, l’État grec finit par accorder à l’École française d’Athènes la concession de la fouille du sanctuaire et de ses abords pour dix années (1892-1902). Mais il y avait un préalable : l’indemnisation des habitants, la démolition de leur village installé sur les ruines et sa réinstallation en un autre lieu. Il y fallait aussi des moyens, humains, techniques et financiers, fournit par la France, qui fait là le bon choix, car la « Grande Fouille » qui dure de 1892 à 1902 va bouleverser les connaissances de la Grèce antique et de l’art grec.

Même s’il n’y a plus actuellement de fouilles, le site de Delphes demeure un site actif. Pour l’architecture, la sculpture et l’épigraphie, il demeure une référence.

A Médéon de Phocide, l’étude du matériel issu des nécropoles se poursuit. On a par ailleurs repris en 2008 l’exploration du site préhistorique de Kirrha en collaboration avec le service archéologique, notamment pour y mieux connaître l’habitat du début de l’époque mycénienne.

Délos (Cyclades)

Les fouilles à Délos commencèrent en 1873. En quarante ans, elle mit au jour une quarantaine de sanctuaires et plusieurs quartiers de ville hellénistique dans lesquels furent découverts près de 3000 inscriptions et un mobilier d’une richesse incomparable dans les Cyclades. Des publications, des archives manuscrites et une documentation graphique et photographique exceptionnelle constituée par l’EFA permettent de restituer les étapes, les objectifs et les méthodes de cette exploration hors du commun.

Thasos (Nord de la Grèce)

Antique colonie de Paros, Thasos fut l’une des plus grandes puissances de Grèce du Nord aux époques archaïque et classique. Près d’un siècle de fouilles – de plus en plus souvent menées en collaboration avec le service archéologique grec de Kavala – ont fait de Thasos l’une des cités les mieux connues du monde grec sur une aussi longue durée, des débuts de la colonisation jusqu’à l’époque protobyzantine : elles ont permis de mettre au jour le rempart, l’ensemble de l’agora (fouillée entre 1948 et 1955) et de ses dépendances, les principaux sanctuaires de la cité (ceux d’Athéna, Apollon, Héraclès, Artémis et Dionysos), le théâtre, des quartiers d’habitations, un ensemble monumental d’époque impériale, plusieurs basiliques et villas paléochrétiennes, ainsi que les nécropoles extra muros. En dehors du centre urbain, diverses installations du territoire ont été explorées (fermes, ateliers de potiers, phares, tours), ainsi que le site des carrières d’Aliki, exploité de l’époque archaïque à l’époque protobyzantine.

Dikili Tash (Macédoine),

Situé à proximité immédiate de la ville antique de Philippes (département de Kavala, Grèce), Dikili Tash a été identifié comme un site préhistorique depuis un siècle. Les recherches récentes sur le site ont permis d’établir la date des premières installations humaines (vers 6400 av. J.-C.), ce qui correspond au début du Néolithique dans la région.

Malia(Crète)

La prospection menée depuis 1989 a couvert le site et sa région. La zone archéologique a été prospectée de manière intensive, et une prospection extensive a été effectuée dans toute la plaine, de Sissi à Stalidha et de la mer jusqu’aux pentes du Séléna. Plus d’une centaine de sites ont été identifiés et les études en cours permettront d’avoir une image précise de l’organisation et de l’exploitation du territoire aux différentes époques.

Amathonte (Chypre)

La mission archéologique d’Amathonte a célébré ses 40 ans en 2015. Des programmes de fouilles continuent d’y être menés. Le site de Potamia est le lieu d’une étude sur “la constitution d’un paysage en Orient médiéval”, en collaboration avec le Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne et l’université de Chypre.

Enfin, les sites de Shillourokambos et de Klimonas permettent l’approche d’une des “révolutions néolithiques” qui ont permis le passage du monde des chasseurs-collecteurs (Paléolithique) aux sociétés d’agriculteurs et d’éleveurs (Néolithique).

0