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Littérature

Polar à la grecque : un justicier du fisc tue les fraudeurs par Petros Markaris

• 02 jan 2012 •

Petros Markaris présentait début décembre son dernier livre au Art bar poems’n crimes, la librairie de son éditeur à Athènes (« Περαίωση », Εκδόσεις Γαβριηλίδης).
Dans la salle de conférence, l’auteur de polars à succès s’adresse à un public conquis : « I Paraiosi » est le second tome d’une trilogie sur la crise.

Alors que dans le premier tome, en cours de traduction en français, l’enquête du commissaire Charitos avait pour fond l’endettement des ménages, il est question dans le second de fraude fiscale.

Écrit l’été dernier, « I Pairaiosi » met en scène la crise. Markaris s’inspire du réel. Il lit la presse, consulte ses amis médecins, juristes, politiques…

L’amnistie fiscale qui mine la Grèce

Archétype du couple grec dont l’unique enfant vient de se marier, la famille du personnage de l’inspecteur Charitos est particulièrement affectée par la crise : la baisse de salaire du commissaire pose un vrai casse-tête à sa femme chargée de gérer l’économie du foyer. Pire, le départ à l’étranger envisagé par leur fille provoque un drame familial.

Brillante étudiante en droit, Katerina a un master et a rédigé une thèse sur le terrorisme. N’ayant aucune perspective de travail en rapport avec ses diplômes, elle envisage sérieusement d’émigrer à l’étranger. Pour le commissaire et sa femme, c’est la consternation, le désespoir.
Le thème principal du livre est consacré à la « peraiosi », cette amnistie fiscale que l’Etat propose régulièrement aux professions libérales en échange du paiement d’une somme forfaitaire. C’est l’un des points les plus graves du dysfonctionnement de la fiscalité en Grèce. D’un côté, cela montre l’incapacité de l’Etat à lever correctement ses impôts, de l’autre c’est la porte ouverte à la fraude, puisqu’il suffit de payer cette somme forfaitaire pour ne pas être contrôlé.

Un justicier du fisc

Dans ce contexte, Markaris a imaginé qu’un justicier du fisc fait pression sur les plus gros fraudeurs pour payer ce qu’ils doivent à l’Etat. Soit ils paient un important impôt de rattrapage, soit il leur ôte la vie. Car dans son sens premier « peraiosi » signifie fin de vie.

Et l’auteur de souligner que ce meurtrier est une personne cultivée. Epris d’histoire ancienne et de symboles, il tue ses victimes à la ciguë, ce poison avec lequel Socrate a mis fin à ses jours, et dispose leurs corps dans des sites archéologiques. Il ne laisse rien au hasard.

Le meurtrier devient populaire auprès de la population et des médias. Les convictions du commissaire en sont elles-mêmes ébranlées. Il a des scrupules à mener à bien son enquête et plus tard à arrêter l’assassin.

La corruption à tous les niveaux de la société, l’enrichissement inouï et sans scrupule, l’impunité des fraudeurs : Markaris s’attaque à tout cela à la fois dans « I Peraiosi. » ….

Source : Cet article est tiré d’une chronique parue sur le site Rue 89, pour lire la suite, veuillez vous y rendre, nous ne sommes pas autorisés à le copier en intégralité ici…

Pour aller plus loin..

• Acheter le livre sur le site des éditions Gavriélidès

•Critiques du livre en Grec :

Η « τριλογία της κρίσεως » του Μάρκαρη συνεχίζεται με το δεύτερο βιβλίο



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